La scène politique congolaise est une fois de plus secouée par des déclarations incendiaires. Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), a récemment accusé Jean-Marc Kabund, ancien président intérimaire du parti présidentiel, d’avoir sollicité le pardon du président Félix Tshisekedi pour obtenir sa libération de la prison centrale de Makala. Ces propos, tenus lors d’un meeting avec la base de la Tshangu, ont suscité une vive controverse.
Kabuya a affirmé que Kabund, bien qu’opposant déclaré, aurait envoyé un émissaire pour demander la clémence du chef de l’État. Cette déclaration soulève des questions fondamentales sur l’état de la justice en République Démocratique du Congo. Si ces accusations sont avérées, elles laissent croire une fois de plus que la justice congolaise est malade, instrumentalisée à des fins politiques.
Comment un haut cadre d’un parti au pouvoir peut-il émettre de telles déclarations, insinuant que la justice n’a joué aucun rôle dans la libération de Kabund ? Cela jette une ombre sur l’indépendance des institutions judiciaires et renforce l’idée que les décisions de justice peuvent être influencées par des arrangements politiques, a affirmé un acteur politique sous anonymat.
Jean-Marc Kabund, de son côté, a toujours clamé son innocence et dénoncé les obstacles politiques auxquels il a été confronté. Sa récente libération, après plusieurs mois de détention, est perçue par certains comme une victoire personnelle, mais les propos de Kabuya viennent ternir cette image.
Cette situation illustre un problème plus large : l’instrumentalisation de la justice pour régler des comptes politiques. Une justice véritablement indépendante est essentielle pour garantir la confiance des citoyens et préserver l’État de droit. Les déclarations de Kabuya, qu’elles soient fondées ou non, soulignent la nécessité urgente de réformer le système judiciaire congolais pour qu’il soit à l’abri des influences politiques.
✍️ Roger Milan Kibambe