Ce qui devait être un simple dispositif de sécurité au stade de Kamukungu, à Kabinda, s’est transformé en un cauchemar quotidien pour plusieurs citoyens. Des policiers affectés à la garde de ce site en rénovation sont accusés de se livrer à des actes de criminalité caractérisée : escroquerie, tracasseries et tortures contre des paisibles citoyens.
Depuis quelque temps, des habitants, habitués à emprunter le passage par le stade pour accéder au Grand Marché de KAMUKUNGU, se voient brutalement interpellés sans qu’aucune mesure d’interdiction de passage n’ait été officiellement portée à leur connaissance. Aucune pancarte, aucun communiqué dans les médias, ni sur les réseaux sociaux n’a été diffusé pour signaler ce changement.
« Tout ce que font ces policiers ici au stade, toutes les autorités de la ville comme de la province sont au courant de la situation ; la commune de Kabuelabuela n’ignore pas ce dossier et, apparemment, nous estimons qu’elle est aussi complice », a confié un habitant du quartier au micro de la Radio Veritas.
Les témoignages affluent, certains faisant état de blessures graves subies par des citoyens cherchant à fuir les interpellations arbitraires. C’est en plein jour que ces exactions se produisent.
Le cas le plus choquant reste celui de Monsieur l’Abbé Célestin Muepu, prêtre du diocèse de Kabinda, victime des brutalités policières. Il raconte :
« Je suis prêtre, je suis venu voir ma sœur au marché. Ils m’ont demandé si je ne savais pas que c’était interdit. Je leur ai répondu que non, et que rien n’indique une interdiction ici. Ils m’ont brandi un document que je ne connaissais pas. J’ai demandé pardon, mais on m’a arrêté de force, retiré mes sandales, conduit comme un malfaiteur jusqu’à la commune. Là, on m’a exigé de l’argent pour une faute que j’ignorais. J’ai été arrêté à partir de 10h pour être relâché vers 13h, sans aucun soutien de la commune. C’est comme s’ils sont complices », a témoigné ce Prêtre catholique, visiblement indigné.
Face à cette situation, le Comité Laïc de Coordination (CLC) du diocèse de Kabinda a condamné avec véhémence le comportement de ces policiers.
« Nous interpellons Madame le Maire de prendre une décision adéquate. Cette ville n’appartient pas aux policiers. Nous exigeons également des explications du commandant ville, souvent cité comme celui qui donne les ordres abusifs. À la fin de la journée, il perçoit même un pourcentage. Si cela continue, la population se chargera elle-même de la solution », a déclaré Joseph Kanyinda, coordinateur du CLC à Kabinda.
La population attend désormais des actions concrètes de la part des autorités pour mettre fin à cette situation intenable qui ternit l’image de l’administration publique et compromet la sécurité des citoyens.
✍️ Gabriel NSAKA/Correspondant