La lutte contre la corruption s’intensifie dans l’administration publique congolaise. Le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a frappé fort : toute la Cellule technique d’engagement de la paie vient d’être suspendue pour faits graves de corruption et de fraude liés à la mécanisation des fonctionnaires.
Des pratiques illégales systématisées
Selon les enquêtes internes menées par les services du ministère, cette cellule, censée centraliser et valider les données des agents de l’État pour leur inclusion dans les listings de paie, est devenue le nœud d’un système parallèle de monnayage. Des agents réclamaient illégalement de l’argent à des fonctionnaires en attente de mécanisation, pourtant reconnue par la loi comme un droit fondamental.
631.000 agents toujours non mécanisés
Cette décision intervient dans un contexte tendu, marqué par une série de plaintes émanant de divers services publics. Le ministre parle de cas répétés de corruption, d’exclusion arbitraire et d’abus d’autorité. Il rappelle que plus de 631 000 agents dits “non payés” (NP) sont encore en attente de mécanisation, certains depuis plus de 20 ans. Ce personnel travaille sans salaire ni prime, dans les hôpitaux, les écoles, les administrations, aussi bien à Kinshasa qu’en provinces.
La cellule suspendue occupait un rôle crucial : elle faisait le lien technique entre les ministères sectoriels et le système de paie. C’est elle qui donnait le feu vert à l’intégration des agents dans les listings de rémunération. Mais selon Jean-Pierre Lihau, elle est devenue « le cœur d’un système opaque, gangréné par des pratiques illégales profondément enracinées ».
En toile de fond, cette opération vise à redonner de la crédibilité à l’administration publique, dans un contexte où le gouvernement s’efforce de réconcilier l’État avec ses agents. Pour le ministre, cette vague de suspensions envoie un message clair : l’impunité n’est plus une option.
✍️ VictoireRDC