Kolwezi, capitale administrative et économique du Lualaba, vibre jour et nuit. Dans l’ombre des camions miniers et des éclairages chinois, une jeunesse discrète écrit sa survie… à la sueur de la nuit.
Une vie qui commence quand les autres dorment:
Il est 21 heures quand certains jeunes prennent la route des sites de chargement, outils en main. Pour eux, pas de bureau, pas d’horaires fixes. La nuit est leur journée.
« On nous appelle les gars du charbon, mais en réalité on fait tout. On charge, on surveille, on nettoie. Et parfois, on dort à même le sol », explique Kiboko, 23 ans, aligné depuis 18h à l’entrée d’un entrepôt à Manika.
Des efforts à prix cassé:
Ces travailleurs informels espèrent être choisis par un superviseur chinois ou congolais. Une fois « aligné », ils gagnent entre 5.000 et 15.000 FC la nuit, selon le boulot.
« C’est peu, mais c’est mieux que rien. J’ai deux petits frères à nourrir. Je ne peux pas rester bras croisés », confie Moïse, la vingtaine, diplômé d’État.
Une ville minière, mais pas que…
Kolwezi, souvent vue uniquement comme une ville minière, est aussi une ville de débrouillardise, d’ingéniosité. Entre les motos-taxis et les jeunes diplômés qui font du porte-à-porte, le système D est roi.
Certains lancent de petits commerces de téléphones reconditionnés, d’autres se forment seuls au montage vidéo ou à la vente sur WhatsApp. Beaucoup rêvent de stabilité mais restent bloqués par le manque de formation professionnelle ou de financement.
Et après ?
Le Lualaba est l’une des provinces les plus riches de la RDC. Pourtant, les jeunes peinent à en récolter les fruits.
✍️ Roger Milan Kibambe