Éditorial : Les diplômés face au paradoxe du chômage

Chaque année, nos universités et instituts supérieurs déversent sur le marché de l’emploi des milliers de jeunes diplômés. Derrière chaque toge et chaque diplôme se cache une histoire de sacrifices : des années d’efforts intellectuels, des nuits blanches, des kilomètres parcourus à pied faute de moyens, sans compter l’argent investi par des parents souvent eux-mêmes précarisés. Ces jeunes ont dépensé leur énergie, leurs rêves et leur santé dans l’espoir d’un avenir meilleur.

Mais la dure réalité les rattrape dès la sortie de l’auditoire : le chômage. Après tant d’investissements financiers et « calories » brûlées, beaucoup se retrouvent livrés à eux-mêmes, ballottés entre petits boulots informels et longues attentes interminables d’une hypothétique embauche. Ce paradoxe, cruel et persistant, est devenu une plaie sociale.

Le problème n’est pas seulement individuel, il est structurel. Notre société forme plus qu’elle n’emploie, produit des diplômés sans créer les conditions d’un marché du travail inclusif. Les filières académiques se multiplient sans que l’économie réelle suive. Résultat : une génération frustrée, qualifiée mais sous-employée, tentée parfois par l’exil ou découragée dans ses ambitions.

Il est urgent de repenser le rôle de l’université et de l’État. L’université ne peut plus se limiter à délivrer des diplômes ; elle doit préparer les jeunes à l’entrepreneuriat, à l’innovation et à la créativité. L’État, de son côté, doit s’engager sérieusement dans la création d’emplois, soutenir les initiatives privées et moderniser les secteurs productifs.

Nos diplômés ne demandent pas la charité, mais des opportunités. Faute de quoi, nous continuerons à fabriquer des « chômeurs de haut niveau », au lieu de bâtir des acteurs de développement.

Anecdote :

Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, un acteur dénonce le rôle de l’école. Il dit je cite « le plus grand voleur en Afrique c’est celui qui vole votre temps et que c’est bien l’école ». Il va loin pour dire que l’école est capable de vous conserver pendant 25 ans, tout en sachant qu’elle n’a rien à vous donner si ce n’est que le papier sur lequel c’est écrit nom, postnom et prénom.

Dans son argumentaire, l’africain critique le rôle de l’école qui n’apprend pas comment chercher de l’argent.

✍️ Passy Son Mukukile

Please follow and like us:
Pin Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

RSS
Follow by Email