Une vive polémique secoue la province de Lomami après la récente déclaration du président du Conseil Provincial de la Jeunesse, Sédrick Miangu Luaba, qui a qualifié certaines voix critiques des « membres du M23 », en réaction aux dénonciations citoyennes visant la gestion du gouverneur de province, Iron Van Kalombo.
Ces propos ont immédiatement suscité une vague d’indignation au sein de la société civile de Lomami. Parmi les réactions les plus marquantes, figure celle de Delphin Mutombo, Défenseur des Droits Humains et Président provincial du Forum International de la Jeunesse Africaine pour le Développement de l’Afrique (FIJADA/Lomami).
Dans sa déclaration ferme, Delphin Mutombo dénonce ce qu’il qualifie « d’atteinte grave aux droits fondamentaux » :
« Qualifier une partie de la population de M23 simplement parce qu’elle critique la gouvernance provinciale est diffamatoire et dangereux. La liberté d’expression est garantie par notre Constitution et nul n’a le droit de la criminaliser », a martelé Delphin Mutombo.
Le défenseur des droits humains rappelle que ces propos violent plusieurs dispositions constitutionnelles, notamment celles relatives à la liberté d’expression, à la protection de la dignité humaine et au droit de manifester pacifiquement. Il estime également que ces accusations infondées constituent une incitation à la haine nuisible à la cohésion sociale.
« La population a non seulement le droit mais aussi le devoir d’exiger des comptes à ses dirigeants. La jeunesse n’est pas une caisse de résonance de l’injustice, elle est une force de changement », a-t-il insisté.
Le FIJADA/Lomami exige du président du Conseil Provincial de la Jeunesse des excuses publiques. À défaut, l’organisation promet de saisir les instances compétentes pour sanctionner ces « dérives dangereuses ».
Cette tension intervient alors que le conseil dirigé par Miangu a récemment affiché un soutien sans réserve au gouverneur, saluant notamment son initiative ayant permis l’obtention de six véhicules du ministère de l’Intérieur pour renforcer l’action administrative dans la province.
Dans l’opinion publique, certains estiment que ce soutien trop marqué fait perdre à cette structure son indépendance et son rôle critique dans la gouvernance locale.
Le débat est désormais ouvert : la jeunesse de Lomami doit-elle s’aligner sur les autorités en place ou demeurer un contre-pouvoir citoyen et responsable ? Une chose est certaine : la fracture créée par ces propos explique les attentes grandissantes des jeunes en matière de gouvernance, de redevabilité et de respect des droits fondamentaux.
✍️ Roger Milan Kibambe