Lomami/ESU : Etablissements “fantômes” dans un document officiel, mythe ou réalité ?

Un document officiel du Ministère de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations (ESURSI), daté du 13 avril 2026 et portant ordre de mission pour le contrôle de scolarité des finalistes 2025-2026, suscite une vive polémique au sein de l’opinion publique, particulièrement dans la province de Lomami.

Au cœur de la controverse : la présence, dans la liste des établissements à superviser, de plusieurs institutions jugées “inconnues” ou non fonctionnelles par une frange importante de la population. Parmi elles, l’ISTM Milembwe, l’ISP Lubao, l’ISP Ludimbi ou encore l’ISP Kabwe.

Des Etablissements qui interrogent

Dans plusieurs territoires concernés, des voix s’élèvent pour s’interroger sur la réalité de certains établissements mentionnés dans ce document officiel. Pour de nombreux observateurs locaux, certaines de ces institutions restent difficilement identifiables, voire inexistantes dans le paysage éducatif visible.

Cette situation soulève plusieurs questions : s’agit-il d’établissements reconnus mais peu connus du grand public ? De structures administrativement enregistrées mais non encore opérationnelles ? Ou encore de cas d’institutions fictives intégrées dans les circuits officiels ?

Erreur administrative ou système bien rodé ?

Deux thèses principales s’affrontent dans l’opinion :

  • La thèse de l’erreur matérielle : certains estiment qu’il pourrait s’agir de simples erreurs de saisie ou de mise à jour de la base de données du ministère. Une hypothèse jugée plausible par une partie des observateurs, mais qui peine à convaincre face au caractère sensible du document.
  • La thèse du dysfonctionnement structurel : d’autres voix, plus critiques, dénoncent ce qu’elles considèrent comme un système opaque où des établissements non viables seraient maintenus artificiellement dans les circuits administratifs. Pour ces derniers, ce document serait une “preuve” de pratiques irrégulières, voire d’appropriation privée d’institutions publiques ou agréées.

Une crédibilité institutionnelle en jeu

Au-delà des débats, cette affaire met en lumière un enjeu majeur : la crédibilité du système d’enseignement supérieur en République démocratique du Congo. Comment expliquer que des établissements non identifiables sur le terrain apparaissent dans une mission officielle de contrôle ?

Dans un contexte où la régulation de l’enseignement supérieur reste un défi, cette polémique pourrait constituer une opportunité pour les autorités de faire toute la lumière sur la situation réelle de ces institutions.

Mythe ou réalité ?

La question reste entière : ces établissements sont-ils réellement opérationnels mais méconnus, ou relèvent-ils d’une fiction administrative ?

En attendant une réaction officielle du ministère de l’ESURSI, l’opinion publique, elle, reste en alerte. Car au-delà des noms couchés sur papier, c’est la transparence et la gouvernance du système éducatif qui sont mises à l’épreuve.

✍️ Roger Milan Kibambe

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