Alors que le franc congolais (CDF) s’apprécie visiblement face au dollar américain (USD) sur le marché des changes, les prix des biens et services demeurent inchangés à l’intérieur du pays.
Une situation paradoxale que l’économiste André Kapombe Kiluenyi, préfet des études à l’Institut Fula Bantu, qualifie d’appréciation nominale plutôt que réelle.
Selon lui, la théorie du pouvoir d’achat (PPA) stipule qu’une monnaie ne s’apprécie véritablement que si cette hausse de valeur se traduit par une baisse ou une stabilisation des prix intérieurs. Or, malgré le renforcement du franc, le pouvoir d’achat des ménages reste le même.
Pour l’Assistant André Kapombe, cette valorisation est essentiellement administrative ou conjoncturelle, soutenue par les interventions de la Banque Centrale du Congo ou par une offre temporaire de devises.
La non-baisse des prix s’expliquerait, entre autres, par l’inertie des commerçants, les coûts de production élevés, et la méfiance envers la stabilité du franc.
L’économiste recommande de renforcer la production locale, d’assurer la transparence monétaire et de restaurer la confiance dans la monnaie nationale, afin que l’appréciation du CDF devienne réellement bénéfique pour la population.
« La force d’une monnaie ne se mesure pas seulement à son taux de change, mais à la stabilité des prix et à la vitalité de l’économie réelle », conclut André Kapombe Kiluenyi.
✍️Passy Son Mukukile