La récente décision du ministre Aimé Boji de démissionner de son poste au gouvernement pour occuper la Présidence de l’Assemblée nationale suscite de vives réactions au sein de la société civile et de l’opinion publique congolaise. Pour Augustin Kitengie, Coordonnateur du cadre de concertation de la société civile de la province de Lomami, ce mouvement illustre parfaitement les dérives d’une classe politique caractérisée par l’inconstance, le mensonge, le tribalisme et la démagogie.
Dans une analyse claire et sans concession, Augustin Kitengie dénonce le recours systématique au népotisme et aux « Yes men » pour occuper des postes stratégiques. Selon lui, le pays est hypothéqué par le manque de compétence à tous les niveaux de la hiérarchie politique, et des postes essentiels sont confiés à des personnes incapables de répondre aux défis du développement.
Il déplore également que les jeunes Congolais, au lieu de prendre conscience et de s’engager pour un changement réel, soient séduits par les promesses démagogiques de politiciens sans cœur, contrairement à l’exemple de la jeunesse malgache qui s’est levée pour chasser un président incompétent après des années d’observation.
Concernant le cas spécifique d’Aimé Boji, Augustin Kitengie estime que sa prétendue prochaine élection à la tête de l’Assemblée nationale est le fruit de calculs politiques obscurs et d’intérêts géopolitiques, rappelant qu’il faisait partie des ministres les plus faibles du gouvernement. Selon lui, la manœuvre vise à préserver certains équilibres régionaux et politiques, notamment la crainte que Boji, s’il n’occupe pas un poste stratégique, rejoigne des mouvements armés comme le M23.
Pour le Coordonnateur du cadre de concertation de la société civile de Lomami, la gestion actuelle du pays déçoit profondément, car le pouvoir semble aujourd’hui quadrillé par un cercle restreint familial et amical, loin des espoirs suscités lors de l’élection présidentielle de 2018.
Il appelle enfin la population congolaise et les médias à s’engager dans une prise de conscience collective, afin que le pays puisse se libérer de ces pratiques néfastes et placer la compétence et l’intérêt général au cœur de la gouvernance.
✍️ Passy Son Mukukile