Lomami, une des provinces issues du démembrement du Kasaï Oriental, totalise ce 30 juillet 2025 ses 10 ans comme province autonome. Mais ce cap symbolique est passé sous silence : aucune célébration officielle, aucun discours, aucune adresse de l’Assemblée provinciale ni du gouvernement provincial. Une indifférence qui, selon plusieurs observateurs indépendants, traduit un bilan morose de la gestion provinciale depuis un temps.
Inaugurée le 30 juillet 2015, la province de Lomami devait incarner un nouvel ère de proximité administrative, de développement local et de gouvernance. Dix ans au total , le constat est amer : infrastructures de base en ruine ou inexistantes, routes impraticables, accès limité à l’eau potable et à l’électricité, chômage endémique, et services sociaux à l’abandon.
Un ressenti largement partagé par la société civile.
Contacté à ce sujet, Pansom Nsomue Kitengie, président de la Société Civile Populaire, déplore le silence des autorités provinciales :
« Nous sommes consternés par le manque de considération de nos dirigeants pour cet anniversaire. Dix ans, c’est un moment important pour faire le point, mais rien n’est prévu. Nous, en tant que société civile, allons organiser des séminaires citoyens pour évaluer objectivement les acquis et échecs de la province. »
Pour beaucoup, Lomami est une province sous traitance où la gouvernance est restée prisonnière des logiques de clans et de privilèges personnels. En l’absence d’une vision claire et inclusive, les espoirs placés dans la décentralisation semblent, pour l’instant, gâchés.
Alors que les citoyens attendent des réponses concrètes, l’anniversaire de la province aurait pu être une occasion de réflexion, d’autoévaluation et de relance. Mais il n’en fut rien. Dix ans après, Lomami attend toujours de renaître.
Pour votre gouverne lomami a existé depuis 1960 après l’obtention de l’indépendance.
✍️ Michael Tenende